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samedi 7 août 2010

Des études dans le bâtiment (2010) par Laurent Dupont







Des études dans le bâtiment / Recto
(2010)
Gouache et acrylique sur rhodoïde - 90 x 174 cm







Des études dans le bâtiment / Verso (2010)
Gouache et acrylique sous rhodoïde - 90 x 174 cm

vendredi 30 juillet 2010

François Nietzsche (2010) par Laurent Dupont











François Nietzsche (2010)

imprimante et stylo bille sur papier - 21 x 29,7 cm






Le texte manuscrit et raturé est tiré de trois ouvrages différents de F. Nietzsche,

le texte dactylographié d'un recueil de poésie publié en 2004 par V. Téran.
Le portrait est pompé sur une gravure sur bois réalisée par Erich Heckel en 1905.

dimanche 11 octobre 2009

Notes sur Le Purgatoire (2009) par Laurent Dupont





Photo souvenir prise par Lagueff
le 8 avril 2009








Deux jours entiers donc, à peindre sur les murs avec Lagueff dans la remise (on m'a indiqué entre temps qu'il ne s'agissait aucunement d'un grenier) d'un magasin de lingerie. On se partage la place et nous avons chacun notre salle. Le projet de Lagueff paraît ambitieux. Le week-end n'y suffira peut-être pas. Il compte travailler sur trois murs en intégrant une cheminée qui trône au fond de la pièce. Elle offre des lignes droites, sans fioritures, et n'a pas croisé l'ombre d'une bûche depuis plusieurs années sans doute. Il y a une porte aussi, faite un peu grossièrement avec quatre longues planches de bois disposées verticalement. Derrière cette porte, il y a moi et un stock d'éponges. J'y reviendrai plus tard.

Pendant un long moment et comme à son habitude, Lagueff reste mystérieux sur le contenu de l'oeuvre à venir. Parfois, je viens lui rendre visite dans son atelier éphémère. Il roule plusieurs couches de peinture noire sur la tapisserie, du sol au plafond, en prenant soin de ne pas recouvrir les coins. Les heures filent. Il en passe quelques unes avant que je puisse me faire une vague idée du résultat final. Au fur et à mesure, je vois apparaître des lignes blanches à chaque angle de la pièce. Elles contrastent durement avec le noir des murs, soulignent la perspective du lieu et pourtant, l'aplatissent curieusement si l'on prend du recul pour apprécier l'ensemble. Désormais, je marche dans un espace à deux dimensions, avec l'étrange sensation d'être enfermé dans une peinture de Lagueff.

Le lendemain, je m'aperçois que je ne suis pas le seul prisonnier. Sur le plus grand des trois murs, le cerne blanc se détache du plafond. Il rejoint le bord supérieur de la cheminée pour figurer ce qu'au départ je prends pour une hotte, teintée de gris bleu et dessinée elle aussi avec des lignes épurées. Il s'agit en fait du conduit traversant l'intérieur du mur, de haut en bas. Je mets encore un certain temps à comprendre que mes yeux sont équipés pour l'occasion de rayons X. Lagueff jette plus rapidement qu'à son habitude quelques coups de pinceaux, rouges, bleus, blancs, et je vois qu'à l'intérieur du conduit, de l'autre coté de la cloison, un homme est coincé depuis très très très longtemps. C'est un tueur en série qui a abandonné le résultat d'une de ses virées macabres. C'est une épouse exténuée qui, un jour, a décidé qu'il y aurait là un endroit chaud et discret pour son bonhomme de mari. C'est un père de famille qui a voulu jouer au Papa Noël une nuit de trop...

Je ne sais pas qui a enfermé cet homme dans la cheminée ni même si quelqu'un l'y a mis. Je devine seulement qu'on l'a oublié dans cet endroit étouffant et que la vie des êtres et des objets a repris son cours autour de lui. Les bibelots continuent d'être époussetés régulièrement. On décore toujours l'intérieur de la maison avec des cadres au goût douteux, des collections de noeuds marins peut-être ou des natures mortes. Lagueff les représente en accrochant de part et d'autre de la cheminée quelques morceaux de tapisserie rococo et fleurie, comme pour mieux alourdir une ambiance déjà bien pesante.

Pour cela, il a hésité quelques minutes devant une dizaine d'échantillons posés au sol, m'a demandé d'en suspendre quelques-uns à coté du squelette pour apprécier les différentes combinaisons de couleurs. J'ai l'impression d'être un assistant d'Andy Warhol et cela m'amuse. Finalement, on choisit un motif vert sur fond blanc, ponctué ça et là de vieux rose et de bleu pigeon. Puis Lagueff s'assoit, allume un clope et fronce les sourcils, comme il l'a fait à peu près toutes les deux heures ce week-end. Il regarde ce que ça donne, a l'air soucieux, se demande une fois de plus comment terminer à temps ce qu'il a prévu. Quelques retouches de blanc ne seraient pas de trop. Il faudrait montrer le feu qui danse dans l'âtre et renouvelle chaque soir d'hiver le supplice du Père Noël déchu. On devrait réfléchir à la lumière, sérieusement cette fois-ci, pour prendre une photographie correcte du travail.

Lagueff ne fait aucune de ces trois choses. Il est déjà trop tard. Avec quelques feuilles d'or et un peu de peinture blanche, il dessine simplement une bulle qui s'envole hors de la bouche du prisonnier. On imagine celle-ci flotter en dehors du conduit, petite parcelle de légèreté échappée d'une atmosphère de plomb. Elle met un point final à l'oeuvre et rend un peu de liberté au cadavre oublié dans la cheminée.

samedi 5 septembre 2009

Ou ce qu'il en reste (2009) par Laurent Dupont


Ou ce qu'il en reste, éponge et acrylique (13x23 cm)

Les 7 et 8 avril 2009, nous nous sommes enfermés avec Lagueff dans le grenier d'un magasin de lingerie. Le magasin en question est celui de sa maman, il se situe dans la banlieue de Nantes et s'appelle Mélanie. Les amis du R.A.B de la première heure connaissent bien ce temple de la lingerie rezéenne puisque c'est en ses murs qu'eut lieu, il y a pas mal d'années déjà, l'exposition R.A.B : Juste pour faire joli. En mémoire du vernissage chaotique qui marqua cet événement, et surtout parce que Mélanie va sous peu être détruite à grand renfort de pelleteuses, nous y avons peint pendant deux jours à même les murs. L'ami Lagueff a réalisé un wall-painting qui parle, je crois, de l'enfance, de la mort et des méchantes tapisseries qui "décoraient" les salles à manger de nos parents. Pour ma part et par hasard, ce que j'ai fait n'est pas si éloigné des thèmes abordés par mon compagnon de grenier. Voici ce qu'il en reste aujourd'hui, en plus de quelques photos qui seront bientôt visibles sur ce blog.

jeudi 18 septembre 2008

Rennes poster




Plan fictif de la ville de Rennes.
Projet mené par Laurent Dupont et Jean-Marie Flageul

Début du projet 2007

Réalisation Mars 2008

mardi 23 octobre 2007

Sans Titre (2007) par Laurent Dupont

Suivant les conseils de l'ami Jean-Marie, je suis allé jeter un oeil sur le travail de Justin Quinn. Après l'habituel découragement que peut susciter ce genre de "rencontre", je me suis remis au travail en essayant de digérer ce que j'avais vu. L'image ci-dessous a été réalisée dans cet état d'esprit un peu inquiet, à partir de trois textes en anglais du poète vendéen V. Téran. C'est peut-être un exercice plutôt qu'une oeuvre à proprement parler.


















Sans titre (2007)
Feutre sur isorel 57x39 cm

dimanche 14 octobre 2007

Les Mots s'illustrent par Laurent Dupont

Je n'avais pas encore écrit de texte sur ma manie des copies manuscrites. Alors voilà...






















Capote's Cup (1999)
Ecritures manuscrites sur simili-cuir et porcelaine - sept tasses et soucoupes

C'est un travail d'illustrateur autant qu'un labeur de copiste. Et finalement, je réalise moins des répliques manuscrites d'oeuvres littéraires que j'essaie d'en formuler des illustrations. Ce sont des illustrations sans dessin ni couleur, constituées uniquement de lettres, de mots et de phrases alignés. Elles permettent malgré tout, aussi bien qu'une image peut-être, d'orner le texte et de le traduire plastiquement.
Recopier un roman dans son intégralité, prendre le temps d'entrer dans l'univers d'un auteur le stylo à la main, c'est déjà s'adresser au regard d'une certaine manière. C'est faire d'un objet à lire un objet à voir. Aussi, l'écriture est susceptible de s'illustrer elle-même et de devenir un médium à part entière. Au même titre que la peinture chez certains artistes (1), on peut l'affranchir de son support traditionnel et lui faire prendre différentes formes au sein d'espaces multiples.
Il est possible par exemple de condenser plus de cent pages de La Critique de la faculté de juger d'Emmanuel Kant sur le recto de quinze feuilles de bristol seulement. Pour cela, il faut évidemment recourir à des caractères minuscules et réduire au maximum l'espacement entre les lignes. On obtient ainsi la version « allégée » d'un ouvrage plutôt lourd à digérer. Si d'aventure on souhaite souligner, en plus de sa densité, la complexité de la pensée du philosophe, il suffit d'effectuer ce même travail de fourmi à partir d'une édition allemande, puis de soumettre le tout à un public francophone.
Je dois cependant préciser que l'illustrateur copiste n'est en rien obligé d'écrire sur un subjectile à deux dimensions, tout comme il n'est pas tenu de caricaturer les textes qu'il choisit de dupliquer. A l'instar des théories kantiennes, les souvenirs d'enfance évoqués par Truman Capote dans Un Noël ne sont pas prisonniers des livres qui les font apparaître ordinairement. Dans la pièce que j'appelle Capote's Cup, le récit s'échappe lui-aussi des pages blanches, mais cette fois-ci pour s'enrouler sur les surfaces courbes de sept tasses de porcelaine. La lecture des vies du jeune Buddy et de Miss Sook s'en trouve inévitablement modifiée, puisque celles-ci se déploient désormais en spirale et s'effacent à mesure que les tasses retrouvent leur fonction de récipient. Le spectateur a ici le choix de lire l'ensemble des écritures, de les observer comme une ligne serpentine et décorative, ou plus simplement de siroter un café.
La copie manuscrite offre donc un certain nombre de possibilités à qui veut bien considérer cet exercice répétitif comme une pratique créatrice, sans cesse renouvelable et au bout du compte multiforme. Les nouvelles de Jorge Luis Borges décrivent parfois de ces personnages qui travaillent uniquement à l'ombre des grands auteurs (2). L'essentiel de leur activité consiste à reprendre à la lettre les chef-d'oeuvres qu'ils n'ont pas écrits en s'efforçant d'y apporter des significations insoupçonnées. Parmi mes dernières pièces manuscrites, L'Aleph relève à son tour d'une démarche similaire et s'élabore justement à partir des écrits de Borges. Un cube transparent d'un mètre de côté présente, sur chacune de ses faces, dix-neuf nouvelles issues de quatre recueils différents. Ici, il est à nouveau question de proposer une relecture au spectateur, de lui offrir à la fois un texte à méditer, une oeuvre à regarder, un lieu à parcourir (un paysage peut-être...). Enfin, il s'agit toujours, à travers cet objet vide de matière mais rempli de langage, noirci d'écriture et pourtant transparent, d'illustrer l'univers d'un poète argentin.

(1) Voir par exemple les oeuvres de Miguel-Angel Molina, Léon Tarasewicz et Jean Vérame.
(2) Voir Pierre Ménard, Auteur du Quichotte in Jorge Luis Borges, Fictions, Paris, Gallimard, Folio, 1957 et 1965, pp. 41-52, ainsi que Hommage à César Paladion in Jorge Luis Borges et Adolfo Bioy Casares, Chroniques de Bustos Domecq, Paris, Denöel, Biblio, 1970, pp. 17-23.

vendredi 28 septembre 2007

Random Painting # 1 (2007) par Laurent Dupont

Un peu plus de mille cubes de bois sont peints sur une de leurs faces, avec des couleurs et des textures différentes. On peut les exposer en tas, au sol ou sur un socle, à la manière d'une sculpture. On peut aussi en faire une sorte de tableau, en combinant les cubes colorés entre eux et en accrochant le tout verticalement. Le travail reproduit ci-dessous a été réalisé par Madeleine Wimmer. Celle-ci a fait le choix d'une composition abstraite mais il n'est pas exclu (enfin, je crois) de parvenir à un résultat figuratif. Ce serait bien le diable si parmi toutes les combinaisons possibles n'apparaissent pas à un moment ou à un autre une tasse, un oiseau ou le visage d'un enfant...

















Peinture acrylique sur bois (dimensions variables)

dimanche 23 septembre 2007

L'Aleph (2007) par Laurent Dupont

La sculpture mesure un mètre cube. Sur chacune de ses six faces sont recopiées à la main plusieurs nouvelles de Jorge Luis Borges issues de quatre recueils différents. Elle a été exposée en même temps que le texte d'Anthony à la prison des femmes de Rennes (voir ci-dessous le message intitulé Je suis là-bas) et est ici photographiée dans le quartier Beauregard de Rennes, dans le champ qui jouxte la scuplture monumentale d'Aurélie Nemours. Un Aleph est un espace à la fois immense et minuscule. Pour en savoir plus, vous pouvez lire Jorge Luis Borges, L'Aleph, Paris, Gallimard, L'Imaginaire, pp. 191-213.





















Bois et écritures manuscrites sur film transparent - 100x100x100 cm